jeudi 19 janvier 2017

Dictée à corriger

Le texte de la dictée pour connaitre la suite.

« L'Amérique ! J'allais découvrir l'Amérique ! Trois jours à New York ! Puis ensuite, direction le far-west ! Les montagnes Rocheuses, le Grand Canyon du Colorado, la vallée de la mort, Las Vegas ! Et, pour finir, quelques jours à se baigner dans l'océan Pacifique ! Depuis un mois, c'était l'effervescence à la maison. On ne parlait plus que de ça. Mes rêves étaient remplis de gratte-ciel, de longues soirées dans les casinos de Las Vegas, de surfs sur les vagues immenses du Pacifique, et de chevauchées interminables, cheveux au vent, sur les plateaux arides de l'Arizona. Au collège, je ne manquais pas une occasion de narguer les copains. Peu à peu, j'étais devenu l'attraction. Celui qui allait traverser l'Atlantique, partir à l'aventure, à la conquête de l'Ouest. On me surnommait même « Étienne le cow-boy ». Pour une fois, je volais la vedette à ce grand serin(1)de Verdier qui, à chaque retour de vacances, faisait le malin en racontant ses séjours extraordinaires en Grèce, en Égypte ou aux Baléares. Jusqu'à cette fameuse soirée. Je m'en souviens très bien. Il neigeait, ce qui est plutôt rare pour un mois de mars à Paris. Cela faisait déjà deux jours que mes parents étaient d'une gentillesse extrême avec moi, cédant au moindre de mes caprices. Ils m'avaient fait venir dans le salon, et avaient commencé à me parler sur un ton mielleux, qui signifiait en général qu'ils avaient quelque chose de désagréable à m'annoncer. Après avoir tourné autour du pot un long moment, ils m'annoncèrent qu'ils avaient purement et simplement décidé d'aller aux États-Unis sans moi. Ils m'expliquèrent qu'ils avaient besoin de se retrouver un peu seuls tous les deux, que j'étais trop jeune, que j'aurais du mal à me remettre du décalage horaire, et patati et patata… Il aurait été intéressant de me filmer à ce moment-là et de repasser la cassette au ralenti pour bien voir mon visage blêmir, se décomposer lentement au fur et à mesure que mes parents me parlaient. Pour voir mes yeux rougir et analyser les contractions de mon visage que ma lutte héroïque contre les larmes engendrait. Mais à quinze ans, on ne pleure plus ! me disais-je. J'étais terrassé, laminé. C'était tout un monde qui s'effondrait sous moi. Tous mes rêves qui s'envolaient. Bien sûr, mes parents s'empressèrent de me présenter la compensation qu'ils avaient trouvée. Et quelle compensation ! J'irais passer mes deux semaines de vacances de Pâques chez Patrick, mon oncle. À Langogne. 
Langogne, 3 380 habitants, son marché agricole... Super… »

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